En colocation avec bail unique, il n’y a qu’un seul état des lieux pour tout le logement, signé par tous les colocataires à l’entrée comme à la sortie : le piège classique, c’est que les colocataires arrivent et partent à des dates différentes, et que le dernier sortant se retrouve seul face aux dégradations accumulées par tous. Quelques réflexes simples suffisent à s’en protéger.
Comment se passe l’état des lieux en coloc
L’état des lieux d’entrée est établi avec le bailleur (ou l’agence) le jour de la remise des clés, pièce par pièce, équipement par équipement. En bail unique, tous les colocataires le signent — si l’un de vous est absent, il peut donner procuration. En baux séparés, chaque colocataire a son propre état des lieux pour sa chambre, plus un constat des parties communes. Le document est comparé à l’état des lieux de sortie en fin de bail : toute dégradation qui n’est pas de l’usure normale peut être retenue sur le dépôt de garantie.
Les pièges classiques (et comment les éviter)
| Piège | Parade |
|---|---|
| État des lieux d’entrée trop rapide ou vague | Notez tout (rayures, traces, joints), complétez par des photos datées ; vous avez 10 jours pour demander une modification |
| Colocataire qui part en cours de bail sans constat | Faites un état intermédiaire écrit (même informel, signé entre vous) de sa chambre et des communs |
| Le dernier sortant paie pour tous | Accord écrit entre colocs sur le partage d’éventuelles retenues |
| Confusion usure normale / dégradation | L’usure liée au temps (peinture ternie, moquette usée) ne vous est pas imputable |
| Meubles du bailleur abîmés (coloc meublée) | Vérifiez l’inventaire du mobilier annexé au bail, ligne par ligne |
Usure normale ou dégradation : la distinction qui compte
Un logement vieillit : peintures qui passent, parquet qui se patine, joints qui jaunissent — c’est l’usure normale, à la charge du propriétaire. Un trou dans une porte, une vitre cassée, une moquette brûlée — ce sont des dégradations, imputables aux locataires. Entre les deux, le bailleur doit tenir compte de la vétusté : il ne peut pas vous facturer une peinture neuve si elle avait déjà dix ans à votre arrivée. En cas de désaccord sur les retenues, demandez les factures ou devis justificatifs, puis saisissez la commission départementale de conciliation, gratuite.
Qui peut assister à l’état des lieux ?
Les parties au bail (colocataires, bailleur ou son mandataire). Un colocataire absent peut mandater un autre colocataire ou un tiers par procuration écrite.
Le locataire doit-il refaire les peintures en partant ?
Non, pas si leur état relève de l’usure normale. Il doit en revanche réparer les dégradations qu’il a causées (trous non rebouchés, taches importantes…).
Quel document utiliser pour l’état des lieux ?
Un modèle conforme (papier ou application) décrivant chaque pièce, les équipements et les relevés de compteurs, daté et signé par toutes les parties, en autant d’exemplaires que de signataires.
Et si aucun état des lieux d’entrée n’a été fait ?
Le logement est alors présumé avoir été reçu en bon état — c’est défavorable aux locataires. Exigez toujours un état des lieux d’entrée écrit.