Coloc & premier logement

Comment quitter une colocation ? Préavis et clause de solidarité

Alice Bonnefoy
4 min

Pour quitter une colocation, vous devez envoyer votre congé au bailleur (lettre recommandée avec accusé de réception, remise en main propre contre signature ou acte de commissaire de justice) en respectant un préavis de 1 mois en meublé, et de 3 mois en location vide (réduit à 1 mois en zone tendue) — mais si le bail contient une clause de solidarité, vous pouvez rester redevable des impayés de vos ex-colocataires jusqu’à 6 mois après la date d’effet de votre congé. C’est ce piège des 6 mois qu’il faut absolument anticiper.

Le préavis : combien de temps, comment l’envoyer

Votre préavis n’engage que vous : les autres colocataires restent dans les lieux et le bail continue. Le délai court à compter de la réception de votre lettre par le bailleur, pas de son envoi. En meublé, c’est 1 mois partout en France. En location vide, c’est 3 mois, ramenés à 1 mois si le logement est situé en zone tendue (la plupart des grandes agglomérations étudiantes) ou dans certains cas particuliers (mutation, perte d’emploi, obtention d’un premier emploi…). Joignez le justificatif si vous invoquez un préavis réduit.

Le piège des 6 mois : la clause de solidarité

Si votre bail (unique) contient une clause de solidarité, partir ne vous libère pas immédiatement. Depuis la loi ALUR (baux signés depuis le 27 mars 2014), la règle est la suivante : votre solidarité s’éteint dès qu’un nouveau colocataire vous remplace au bail — sinon, au plus tard 6 mois après la date d’effet de votre congé. Pendant cette période, si vos ex-colocataires ne paient pas, le bailleur peut se retourner contre vous (et contre votre garant). La parade : trouvez vous-même un remplaçant sérieux et faites-le inscrire au bail par avenant avant votre départ.

Récapitulatif des délais

Situation Délai
Préavis — location meublée 1 mois, partout
Préavis — location vide 3 mois
Préavis — location vide en zone tendue 1 mois (justificatif à joindre)
Fin de la solidarité avec remplaçant au bail Dès la date d’effet du congé
Fin de la solidarité sans remplaçant 6 mois maximum après la date d’effet du congé
Baux séparés (bail individuel) Votre préavis seulement, aucune solidarité

Les bons réflexes avant de rendre les clés

Demandez un état des lieux intermédiaire ou, à défaut, faites constater par écrit (photos datées, mail au bailleur) l’état de votre chambre et des parties communes au jour de votre départ. Mettez-vous d’accord par écrit avec les colocataires restants sur le remboursement de votre part du dépôt de garantie : le bailleur, lui, ne la restituera qu’à la fin du bail.

Peut-on quitter une colocation sans préavis ?

Non. Même en cas de conflit entre colocataires, le préavis légal s’applique. Seul un accord écrit du bailleur peut l’écourter.

Que se passe-t-il quand un des deux colocataires part ?

Le bail continue pour celui qui reste, qui doit assumer le loyer entier (le bailleur n’a pas à le réduire). D’où l’intérêt de trouver un remplaçant accepté par le bailleur.

Mon garant est-il aussi tenu pendant les 6 mois ?

Oui : l’engagement du garant suit votre solidarité et s’éteint en même temps qu’elle.

La clause de solidarité est-elle obligatoire ?

Non, c’est une clause contractuelle. Certains baux de colocation n’en ont pas — vérifiez le vôtre avant de signer.

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À propos de Alice Bonnefoy

Je vulgarise les finances personnelles pour celles et ceux qui veulent reprendre la main sur leur budget. Mes sujets : épargne de précaution, premiers placements et bonnes habitudes pour dépenser plus sereinement. J'écris simplement, en rappelant que chaque situation est différente et qu'un placement comporte toujours une part de risque.